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Les gendarmes mobiles face aux gilets jaunes : une culture différente ?

 

Un policier rattaché à la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) des Hauts-de-Seine vient de reconnaître avoir fait usage d’un lanceur de balle de défense (LBD) dans le créneau horaire où Jérôme Rodrigues, figure des gilets jaunes, a été blessé à l’œil, samedi dernier, place de la Bastille à Paris. Une information qui figure dans un rapport transmis mardi à l’IGPN, la police des polices, selon une information du Parisien. Au total, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie à 81 reprises, selon le ministre de l’Intérieur, depuis le début du mouvement. Quatre dossiers concernent des personnes gravement blessées à l’œil par des lanceurs de balle de défense, un décompte officiel inférieur à celui de dix-sept, avancé par le collectif Désarmons-les !

 

Or, les gendarmes restent, pour le moment, épargnés par ces enquêtes sur d’éventuelles violences illégitimes commises face aux gilets jaunes depuis deux mois. Au dernier décompte, la gendarmerie a enregistré seulement vingt-six signalements et aucune saisine judiciaire de l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGPN). Un des signalements transmis à l’institution a même eu pour but de féliciter les gendarmes pour leur travail (Essor du 23 janvier) ! Une information instructive à l’heure où, au contraire, les actions des policiers sont vivement contestées. Et ce dire est corroboré par nombres de gilets jaunes qui, reconnaissant parfaitement les diverses unités qui leur font face, avouent faire davantage confiance aux mobiles qu’aux CRS et surtout aux DAR (détachement d’action rapide) constitués souvent de gens de la BAC (brigade anticriminalité).

 

 

L’absence de saisines de l’inspection des gendarmes serait-elle symptomatique d’une différence de perception, entre la police et la gendarmerie, du maintien de l’ordre ?

 

Prenons un exemple qui a fait la une de l’actualité. Lors de l’acte VIII, Christophe Dettinger, habillé de noir et portant des gants, frappait à coups de poing, sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, un gendarme mobile en tenue de maintien de l’ordre et donnait des coups de pied à un autre à terre. Je ne reviendrai pas sur cet incident mais ce qui apparaît, en regardant les images, est que les quatre gendarmes qui reculent face au « boxeur » et à une foule déchaînée refluent en ligne. L’ordre était d’effectuer un barrage face aux manifestants ; celui-ci a cédé face à la pression, mais ces militaires n’en continuent pas moins à se replier tout en faisant face. Autre point important : aucun ne sortira son arme, leur retenue est à la hauteur de leur abnégation. Rappelons que ces deux gendarmes se sont vus prescrire respectivement quinze jours et deux jours d’ITT.

 

Le plus condamnable n’est pas le boxeur mais la préfecture de police qui a entériné le parcours du rassemblement sur les quais de Seine alors que la réglementation stipule que le maintien de l’ordre à proximité d’une étendue d’eau est à proscrire. De plus, pourquoi avoir bloqué à hauteur du musée d’Orsay la manifestation, transformant ainsi la passerelle en véritable guêpier face à des centaines de manifestants furieux d’être stoppés ?

 

Le général (2S) Bertrand Cavallier, grand spécialiste du maintien de l’ordre, ancien commandant du Centre national d’entraînement des forces de la gendarmerie mobile de Saint-Astier (Dordogne), a dernièrement souligné : « Face aux manifestations actuelles des gilets jaunes, il y a un problème d’encadrement des détachements d’action rapide et de culture du maintien de l’ordre. »

 

Espérons que, lors des prochaines actions, les gendarmes mobiles continueront à témoigner de la même mesure et de leur implication différente, face à des citoyens que nombre de ceux-ci comprennent, même si, par discipline, ils s’y opposent.

 

 

J.-P. Fabre Bernadac

Ancien officier de Gendarmerie - Diplômé de criminologie et de criminalistique

 

 

 


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