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Policier, gendarme, un métier à nul autre pareil.

 

Sans doute le commandant divisionnaire de police Didier Andrieux se serait-il bien passé de cette publicité. Depuis plusieurs jours, en effet, son portrait et son nom s’étalent dans de nombreux médias et sur les réseaux sociaux. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça n’est pas à son avantage.

 

Dernier article en date, le papier publié le 9 janvier par Le Parisien sous la signature de Jean-Michel Décugis. Et le journaliste n’y va pas avec le dos de la cuillère. Intitulé « Le lourd passé violent du policier de Toulon », l’ancien patron du GIPN de Marseille y est présenté comme un quasi-psychopathe qui aurait fait régner la terreur dans son unité jusqu’à provoquer son éclatement. Pour accréditer cette thèse, le journaliste du Parisien ressort une affaire interne au service vieille de plus de dix ans. Selon les propos rapportés, l’adjoint au commandant Andrieux de l’époque ainsi qu’une poignée de fonctionnaires de police de son unité auraient fait remonter à la hiérarchie des témoignages sur le comportement « autoritaire » mais aussi parfois « dépressif » de leur chef de service. Dans la réalité, certainement rien de plus que la rivalité de deux hommes qui, portée à son paroxysme, aura incité l’administration policière à muter les intéressés. Procédure, somme toute, assez courante dans ces cas de figure.

 

Mais il n’en fallait pas plus pour que, plusieurs années après, à l’occasion d’une action menée dans le cadre d’une manifestation des gilets jaunes, l’attitude de ce haut gradé de la police soit dénoncée comme étant celle d’un véritable bourreau. En réalité, derrière cette affaire qui, en temps ordinaire n’aurait certainement pas retenu la plume d’un journaliste de renom, se dévoile la continuité d’un procès en violences illégitimes systématiques intenté depuis plusieurs semaines contre l’ensemble des forces de l’ordre. Accusés des pires exactions, comparés à la Gestapo ou aux SS, mais surtout désignés comme les suppôts du pouvoir en place, policiers et gendarmes sont désormais voués aux gémonies. Comme il est loin, le temps des acclamations au soir des attentats islamistes. Comme elle paraît loin, cette cote de popularité dont bénéficiaient, il y a peu encore, les forces de l’ordre auprès de deux Français sur trois.

 

Pourtant, nul ne semble se poser la question de ce qu’il adviendrait si, demain, ces mêmes policiers et gendarmes n’intervenaient plus. Si, comme semble le souhaiter de nombreuses personnes, la foule était laissée libre d’agir à sa guise. Peut-on croire un instant, sérieusement, que les manifestations se passeraient sans violences et sans destructions. Que les « bons citoyens » auraient le dessus sur tous ces casseurs et ces ultras qui ne viennent, en réalité, que pour en découdre. La situation serait, bien entendu, tout autre. Et il n’est pas difficile d’imaginer que la guerre civile ne tarderait pas à s’installer.

 

Alors oui, des violences, parfois graves, émaillent nos manifestations. Mais grâce à des forces de l’ordre rompues à l’exercice, aucun mort n’a été à déplorer à l’occasion des huit rendez-vous fixés par les gilets jaunes. Et, n’en déplaise à leurs détracteurs, ce succès est à porter au crédit de nos policiers et nos gendarmes.

 

Enfin, et s’il faut le préciser, que chacun sache que policier, on l’est quel que soit le pouvoir en place. Ceux d’aujourd’hui ne sont pas plus Macronistes que ceux d’hier étaient Sarkozistes ou Hollandistes. Ils ont des missions, certaines sont valorisantes, d’autres moins. Mais toutes sont indispensables à la vie de notre démocratie. C’est ce qui fait la grandeur d’un métier à nul autre pareil.

 

 


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